La complainte de mon cœur
EN REPONSE A VOTRE MENESTREL
Mon ami, je m’en veux d’évoquer ma faiblesse,
Qui n’a que pour effet d’accroître votre tristesse.
Si pour vous apaiser, suffisait ma tendresse,
J’abandonnerais sur l’heure mon devoir, mes richesses.
Doux ami, soyez sage, notre roi est cruel,
Il tuerait sur-le-champ qui convoite sa belle.
Votre folie vous guide vers ma citadelle
Si nous goûtons l’amour, je tue le ménestrel…
Tendre ami, vous qui êtes le tourment de mon cœur,
Sachez que je vous rêve en ma couche à toute heure,
Votre corps sur le mien apporterait chaleur,
Mon cœur murmure au votre ses plus tendres douceurs.
Bel amant, je me meurs à vivre si loin de vous,
Mais ne peux me résoudre à faire naître courroux
Qui causerait la perte de mon doux troubadour :
S’il faut mourir pour moi, alors mourons d’amour.
Mon cœur périt déjà au fil de ces années,
Mon corps se meurt d’amour d’être, par vous, point touché.
Mon âme s’engourdit à rêver vos baisers,
J’aimerais sur vos lèvres goûter l’immensité…
Mon amour, oyez donc la complainte de mon cœur :
Vous abandonner me causerait grande douleur,
Je vous supplie prudence pour éviter malheur
Et quémande pour nous, juste une nuit de bonheur.
28/08/08
Ainariel |